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Le millésime 2018 dans les régions viticoles allemandes

13/12/2018

L’Institut du vin allemand a fait le point du millésime 2018 dans les 13 régions viticoles allemandes.


Cette année, les vignes ont produit des raisins de qualité exceptionnelle dans tout le pays. Au moment de la rédaction de ce rapport, de nombreux viticulteurs de Rhénanie-Palatinat espèrent toujours une bonne récolte de vin de glace, pratiquement inexistante l’année dernière, et ont laissé les grappes en place dans 532 hectares de vignes pour produire ce vin doux.

Ahr : (561 ha)
Cet été, les jours de pluie dans l’Ahr se sont comptés sur les doigts d’une main. Heureusement, janvier et février avaient connu des précipitations abondantes, suffisantes en tout cas, à raison de 120 l/m2, pour réapprovisionner les réserves d’eau. Les températures ont augmenté à la mi-mars, ce qui a entraîné la floraison précoce des vignes, à partir du 25 mai. Ensuite, il n’y a plus eu de précipitations dignes d’être mentionnées jusqu’au 23 septembre. L’été n’a toutefois pas été aussi chaud qu’en 2003, une année assez comparable, puisque la température de 40° Celsius n’a pas été atteinte. Les vignes ont mieux supporté que prévu la longue sécheresse estivale : seuls quelques vignobles comportant des plants jeunes ont eu besoin d’irrigation. Un tel temps très chaud et sec offre un grand avantage : l’absence presque complète de maladies comme l’oïdium et le mildiou. La mouche de la cerise japonaise, redoutée surtout par les producteurs de vin rouge, n’a pas causé de dommages non plus. Les vignerons ont récolté des grains exceptionnellement sains, quoique petits, avec des densités de moût de 94 degrés Oechsle, certaines atteignant même 120 degrés. Les vignes ont produit beaucoup de fruits, de sorte que la production a été plus élevée que prévu : 90 hl/ha pour le Spätburgunder (Pinot Noir). Les vendanges ont eu lieu trois semaines plus tôt que d’habitude : elles ont commencé à la mi-août et se sont achevées le 15 octobre. Les vignes ont atteint un « taux de sucre d’un niveau sans précédent », a expliqué avec enthousiasme Reinhold Kurth de l’Association des producteurs de l’Ahr. Les taux d’acidité, en revanche, étaient inférieurs à la normale. Le volume total de la production est estimé à 55.000 hectolitres, contre 38.000 hectolitres seulement en 2017.

Baden : (15.834 ha)
Le pays de Bade est la région viticole la plus chaude d’Allemagne. Les vignes locales se sont donc bien adaptées aux conditions climatiques extrêmes de l’année écoulée, et la floraison s’est produite plus rapidement que jamais après le débourrement, 30 jours seulement, à partir du 25 mai : 14 jours plus tôt que d’habitude. Le mois d’avril a battu un record de chaleur, mais cela n’a pas été le seul. Le Siebenschläfertag, le 27 juin (lit. : le jour des sept dormants) a fait honneur à son nom, marquant le début d’une vague de chaleur qui a duré plus de sept semaines, avec des températures proches de 40° Celsius. Mais la plupart des vignes ont bien supporté la sécheresse, et donné une production abondante de grains sains, mûris rapidement. Seules les jeunes vignes ont eu besoin d’être irriguées, leur réseau racinaire n’étant pas assez développé pour atteindre les nappes phréatiques situées plus bas. Les vendanges ont débuté à la fin août et se sont poursuivies tranquillement, sans stress, le risque de maladie étant quasiment nul. Le volume estimé de la production, de 1,55 million d’hectolitres, avec une moyenne de 90 – 95 hl/ha, est supérieur de près de 30 pour cent à la moyenne à long terme. Cette conjonction, avec des grappes d’une qualité aussi élevée, et une récolte tellement supérieure à la moyenne, ne s’était encore jamais produite selon l’Association des producteurs du pays de Bade. Les vins sont fruités, vigoureux et structurés en raison de la teneur élevée en sucre des grappes : le millésime 2018 est plus puissant que celui de 2017. Et cerise sur le gâteau : dans certains vignobles, les grappes pourraient même être utilisées pour produire un vin doux de qualité supérieure.

Franken : (6.139 ha)
Les viticulteurs de Franconie ont également assisté à une floraison précoce et une maturation rapide, durant cette saison d’été très chaude et sèche. Les pluies ou les orages isolés n’ont pas suffi à réapprovisionner les réserves d’eau dans le sol. Dans certains vignobles en pente, la terre a atteint 60° Celsius. « L’irrigation au goûte à goûte pour les jeunes vignes, qui ont besoin de quelques années pour que leurs racines atteignent la nappe phréatique, est devenue une pratique courante – mais bien sûr réglée de façon à ne pas trop leur faciliter la vie », explique le viticulteur d’Iphofen Hans Wirsching. Ce qui implique beaucoup de travail et des kilomètres de tuyaux à poser. Chaque vigne reçoit jusqu’à 40 litres d’eau sur plusieurs heures, déversée avec précision pour éviter les déperditions par évaporation.
Pour essayer de ralentir la maturation rapide des grappes et stimuler la production de sucre, avec des températures atteignant parfois 38° ou 39° Celsius, les viticulteurs éliminent souvent un grand nombre de feuilles des vignes. Les vins trop lourds, comme ceux de l’année 2003, exceptionnellement chaude, sont en effet beaucoup moins demandés de nos jours. Les vins seront «  un régal à boire », promettent les producteurs à leurs consommateurs, un peu plus puissants que le millésime 2017, mais toujours pleins de finesse. Des progrès ont vraiment été réalisés dans la façon de s’adapter au changement climatique. Les volumes sont excellents aussi, puisqu’avec environ 523.000 hectolitres, ils devraient dépasser de 20 pour cent ceux de l’année dernière. Bonne nouvelle pour les amateurs de vins de Franconie.

Hessische Bergstraße : (462 ha)
La Hessische Bergstraße est gâtée sur le plan météorologique, puisque le printemps arrive plus tôt qu’ailleurs dans cette région viticole qui est aussi la plus petite d’Allemagne. On pouvait donc s’attendre à ce que tout se passe bien durant une saison végétative chaude et sèche comme celle de 2018. Mais ici aussi, les viticulteurs ont dû prendre des mesures pour empêcher les vins de devenir trop lourds. Une densité de moût moyenne d’environ 86 degrés Oechsle chez le plus grand producteur de la région, la coopérative Bergsträßer Winzer à Heppenheim, était donc très prometteuse, et synonyme de grande qualité dans cette région. Mais des densités de moût de plus de 100 degrés Oechsle n’étaient pas rares. L’automne s’est déroulé très sereinement, sous un climat idéal pour les vendanges, avec des journées chaudes et sèches et des nuits fraîches. Ne courant aucun risque d’être touchées par des maladies, les grappes ont pu développer un arôme riche, même si les vendanges ont dû être entamées le 15 août, et donc plus tôt que jamais. Finalement, la pénurie d’eau extrême n’a pas affecté la plupart des grappes, les racines des vignes pénétrant profondément dans le sol. Pour Reinhard Antes, président de Bergsträßer Winzer, 2018 est « peut-être le meilleur millésime de ces 15 dernières années ». Le volume de production dans la région est estimé à 42.000 hectolitres, 45 pour cent de plus que l’année dernière.

Mittelrhein : (469 ha)
Parmi toutes les régions viticoles, c’est dans le Mittelrhein que la saison végétative a produit la plus grande hausse de volume en 2018. La production estimée de 46.000 hectolitres dépasse de 64 pour cent celle de 2017 (28.000 hectolitres). Pas étonnant, dès lors, que les viticulteurs se soient déclarés très satisfaits, d’autant plus que leurs chais étaient quasiment vides. L’été sec a duré d’avril à septembre. L’espoir de précipitations régulières ne s’est pas réalisé, mais heureusement, les viticulteurs ont également échappé à la grêle et aux pluies torrentielles qui abîment les vignes. Même le Rhin a atteint des niveaux très bas. Seuls quelques vignobles jeunes ou situés à plus basse altitude ont souffert de stress à cause de la sécheresse. Vers la fin de la maturation, le développement de la vigne s’est achevé presque trois semaines à l’avance. En supprimant précisément certaines feuilles dans le vignoble, les viticulteurs ont pu empêcher une croissance trop vigoureuse des plantes. En raison du faible taux d’humidité, il n’y a eu quasiment aucun risque de maladie, ce qui a facilité la vie des vignerons. Les grappes ont atteint une moyenne parfaite de 88 degrés Oechsle et 8 g/l d’acidité, avec d’excellents résultats aussi obtenus avec les vins rouges. Les vendanges se sont déroulées dans la plus grande sérénité. « Même  les viticulteurs les plus anciens se rappellent à peine avoir ramassé tant de grappes d’une telle excellente qualité et dans un état de santé aussi parfait », explique l’Association des producteurs du Mittelrhein, qui prévoit « des dégustations passionnantes, offrant beaucoup de plaisir ».

Mosel : (8.870 ha)
Lorsque les grappes arborent un look parfait au moment des vendanges, on peut espérer d’excellents vins. Cela a été le cas en Moselle en 2018, mais les bonnes nouvelles ne s’arrêtent pas là : les volumes estimés, d’environ un million d’hectolitres sont également très satisfaisants, surtout en comparaison avec l’année précédente, où la production était inférieure d’un gros tiers. Mais avant d’en arriver à cette fin heureuse, la sécheresse et la chaleur, ainsi que la crainte des orages de grêle et des fortes pluies, ont causé beaucoup de soucis aux viticulteurs. Et s’il y a eu quelques pluies et orages en Moyenne Moselle, le problème numéro un peu partout a bien été la sécheresse. Comme dans les autres régions, le développement des vignes a été bien plus rapide que la moyenne et les vendanges ont démarré dès le mois d’août pour les variétés à maturation hâtive et à la mi-septembre pour le Riesling. Les grappes saines, parfaitement accrochées comme on peut les voir sur les cartes postales, ont rempli les viticulteurs d’espoir et de joie anticipée. La pluie en septembre, non seulement n’a pas provoqué de pourriture grâce aux nuits fraîches, mais a augmenté la teneur en jus et contribué à des volumes de production absolument remarquables, eux aussi. Avec une densité de moût qui – dans le cas du Riesling atteignait une moyenne de 85 degrés Oechsle – se situait dans la moyenne Spätlese, les vins de Moselle de 2018 se caractérisent par un riche arome, une structure harmonieuse, des taux d’acidité modérés et une élégance fruitée et juteuse. L’éventail proposé à l’amateur de vin est large dans ce millésime : des vins mousseux de base très prometteurs aux fabuleux vins Beerenauslese et Trockenbeerenauslese. Matthias Lay, viticulteur de Pünderich : « Avec le millésime 2018, notre Seigneur s’est montré très clément avec nous. »

Nahe : (4.225 ha)
En 2018, les grappes ont mûri plus vite que d’habitude dans la Nahe et les vendanges ont déjà commencé à la fin août. Toutefois, spécialement pour les vins de qualité supérieure, certains viticulteurs ont retardé les vendanges des variétés à croissance tardive jusqu’au mois d’octobre afin que les grappes atteignent une maturité phénolique idéale. Ce qui a été rendu possible par un été très chaud et sec, avec un temps optimal en automne – un « super été » comme l’a décrit le président de l’Association des producteurs, Thomas Höfer. Mais aussi parce que des problèmes tels que la pourriture, le mildiou ou les parasites étaient quasiment inexistants. Les grappes parfaitement mûres et saines, avec des densités de moût n’atteignant pas rarement 100 degrés Oechsle, ont été la récompense et la base d’excellents vins, reflétant parfaitement le terroir diversifié et typique de la Nahe. Avec 440.000 hectolitres de moût, la production a dépassé de 40 pour cent la moyenne à long terme. Une excellente compensation, longtemps attendue, des deux récoltes précédentes, beaucoup plus réduites, de 2016 et 2017. Pour le président de l’Association des producteurs, c’était : « Une année absolument exceptionnelle ». L’amateur de vin ne manquera pas d’apprécier ce type d’exception.

Pfalz : (23.652 ha)
Quand tout va bien, c’est vraiment très bien. Et c’est bien le cas du millésime 2018 dans le Palatinat. Pratiquement aucun dommage, malgré les températures estivales extrêmes et la sécheresse, aucune catastrophe météorologique, des grappes parfaitement saines, en quantités abondantes, un temps fantastique pour les vendanges, avec des nectars doux pour couronner le tout. On peut difficilement faire mieux. Il n’est donc pas surprenant que les représentants de l’Association des producteurs se soient montrés pour le moins euphoriques. « Unique » ou « presque trop beau pour être vrai » : les experts étaient unanimes. Les températures ont commencé à battre des records en avril, entraînant une floraison précoce du Riesling à la fin du mois de mai. Durant ce beau mois, il y a eu quelques précipitations, et malheureusement aussi un peu de grêle dans le sud de la région. La véritable vague de chaleur s’est produite en juillet et en août. La vendange du premier Federweißer (une spécialité en cours de fermentation, avec des levures en suspension) avait déjà débuté en août, la récolte principale ayant suivi deux semaines plus tard, et donc plus tôt que jamais auparavant. En septembre, les conditions météorologiques sèches et stables étaient idéales et les variétés de raisins rouges en particulier ont profité de leur séjour plus long dans les vignes pour donner des vins intensément colorés et charpentés, et pas seulement dans le cas du Spätburgunder (Pinot Noir). Les vins blancs ont développé une acidité modérée, tandis que les taux d’alcool sont restés relativement moyens, une surprise pour de nombreux vignerons étant donné l’ensoleillement important. Ils sont toutefois enchantés de la production, estimée de 2,5 millions d’hectolitres, 17 pour cent de plus que la moyenne à long terme. « Après des années de récoltes réduites, cela fait du bien », explique le président de l’Association des producteurs, Reinhold Hörner, « de pouvoir à nouveau répondre à la demande du marché, sans aucune restriction ».

Rheingau : (3.191 ha)
Au début du mois « d’octobre en or »dans le Rheingau, de nombreux viticulteurs venaient de terminer les vendanges. Cette année, ils avaient commencé quatre semaines plus tôt que d’habitude à cause de l’été très chaud, qui n’a pas atteint les niveaux élevés de 2003 mais a quand même battu les records du siècle dernier, en 1947, 1976 et 1994. La sècheresse, qui a causé relativement peu de problèmes dans la plupart des vignobles, a permis d’éviter les infestations de maladies cryptogamiques et de la mouche de la cerise, tant redoutée. « Il faisait tout simplement trop chaud pour les parasites », explique le consultant en viticulture Berthold Fuchs. Une irrigation extensive a toutefois été nécessaire pour les jeunes vignes. Si le stress induit par la sécheresse était la principale menace pour la qualité du vin, les vignes ont toutefois produit un grand nombre de grappes, donnant un volume de production élevé, estimé à 285.000 hectolitres, contre 210.000 hectolitres l’année d’avant. Heureusement, la quantité du millésime 2018 est allée de pair avec la qualité, qui est excellente grâce à une santé et une maturité parfaites des grappes. «  Un millésime exceptionnel » a dit le consultant en viticulture Berthold Fuchs. Cela s’applique non seulement au Riesling, mais aussi au Spätburgunder (Pinot Noir) de la région, qui a une robe particulièrement intense et est très concentré.

Rheinhessen : (26.617 ha)
90° Oechsle pour le premier Federweißer le 6 août déjà ? Cela ne s’était jamais produit auparavant dans la plus grande région viticole d’Allemagne. Une floraison très précoce, grâce à un mois d’avril avec des températures record, suggérait déjà que les vendanges auraient lieu très tôt. Mais l’été sec, chaud et ensoleillé a encore accéléré la maturation. Les conditions météorologiques très favorables et stables se sont maintenues jusqu’à la période des vendanges, permettant de laisser de nombreuses grappes sur les vignes jusqu’en octobre et même partiellement jusqu’en novembre. Bien entendu, la sécheresse a mis les vignerons face à de nombreux défis à certains endroits et les vignobles en pente en particulier ont dû être partiellement irrigués. Toutefois, les producteurs de Hesse rhénane ont été en général agréablement surpris par les performances de leurs vignes. Le volume de production estimé de 2,95 millions d’hectolitres est supérieur de près de 20 pour cent à la moyenne à long terme. Une saison végétative comme celle de 2018 est idéale, en particulier pour les vins rouges, parce que les grappes ont changé de couleur très tôt et ont profité du temps supplémentaire passé dans les vignes. Mais les vins blancs de 2018 en Hesse rhénane sont également riches en arômes, avec une bonne typicité variétale et beaucoup de fruité, avec des taux d’acidité moyens. De nombreuses spécialités moelleuses sont également disponibles. Selon le Rheinhessen Weinwirtschaftsrat (organe consultatif commercial) : « Ce grand millésime était inattendu, mais on s’en souviendra longtemps ». Les amateurs peuvent déjà se réjouir des résultats.

Saale-Unstrut : (772 ha)
Cette année, quelques vignerons de Saale-Unstrut ont vendangé à deux reprises : les grappes du vin de glace de la saison 2017 dans la nuit du 5 au 6 février et puis au mois d’août déjà, les premières grappes pour le millésime 2018. Jamais auparavant la saison des vendanges n’avait commencé aussi tôt dans la région viticole la plus septentrionale d’Allemagne. La raison ? L’été, qui a commencé tôt, en avril : « Les vignobles n’ont quasiment pas connu le printemps », explique l’Association des producteurs de Saale-Unstrut. Les températures élevées ont provoqué un développement quasiment explosif du vin, avec une floraison parfaite à la fin mai – la dernière floraison aussi précoce remonte à 2007. Heureusement, il a plu un peu en mai, mais la sécheresse est restée la principale préoccupation, qui a gardé les vignerons sur la brèche pendant tout l’été. Cette sècheresse jouera «  un très grand rôle dans le futur », l’Association des producteurs locaux en est convaincue. Brûlures, stress causé par la sécheresse et grains sous-dimensionnés constituaient les principales menaces pour la qualité du vin. En effet, cette année, le risque d’apparition de moisissures et de parasites était quasiment inexistant, de sorte que les vignerons n’ont pas eu trop de travail. La vendange principale s’est achevée la première semaine d’octobre. Les 46.000 hectolitres prévus ne dépassent que légèrement les chiffres de l’année dernière (44.000 hectolitres) et des années antérieures. C’est pour cela que la qualité des vins devrait être exceptionnelle, l’Association des producteurs prédisant des vins blancs substantiels et aromatiques, et des rouges puissants.

Sachsen : (497 ha)
Cette année, même en Saxe, quasiment tous les vignobles étaient vendangés au début octobre, à l’exception de quelques parcelles de Traminer et de Riesling, attendant d’atteindre la densité de moût de l’Auslese. Pour les vignerons, l’été a été synonyme de beaucoup de travail car de nombreuses vignes ont dû être irriguées, notamment parce que la région compte de nombreux vignobles en pente. Avec une estimation de 56,5 hectolitres par hectare, la production était en moyenne la seconde en termes de volume depuis 2000. Selon les dernières estimations, environ 22.500 hectolitres de moût ont été obtenus, soit 7 pour cent de plus que la moyenne des dix dernières années. Toutefois, même à ces niveaux, les vins de Saxe sont toujours une rareté en comparaison avec d’autres régions. Comme les grappes étaient plus petites que d’habitude à cause de la sécheresse automnale, le jus était plus concentré, donnant de bonnes densités de moût. En principe, la Saxe applique la règle « la qualité prime sur la quantité ». « Nous attendons des vins très fruités. Cette année restera longtemps dans nos mémoires » disent les cercles de vignerons de Saxe. En outre, selon les normes saxonnes, les vins seront relativement puissants. Les vignerons de la région de l’Elbe ont déjà réagi au changement climatique et cultivent de nouvelles variétés comme le Chardonnay et le Sauvignon Blanc. En 2018, ils ne seront pas les seuls à montrer leur vrai potentiel.

Württemberg : (11.360 ha)
Des densités de moût élevées ne posent pas de problème dans des régions telles que le Württemberg, où les vins rouges représentent près de 70 pour cent de la production – après tout, les vins rouges peuvent être un peu plus puissants. Le millésime 2018 est donc très prometteur. Des grappes rouges saines, avec des densités de moût de plus de 100 degrés Oechsle ont été récoltées précocement, ce qui n’est pas habituel, mais sans hâte ni stress, donnant des vins richement aromatiques, intensément fruités, avec une excellente structure. Seules les variétés blanches ont dû être vendangées assez rapidement. 80 pour cent des vins entrent dans la catégorie « Prädikat » (càd supérieure), et même les grappes de Beerenauslese avec des densités de moût d’environ 250 degrés Oechsle ont été récoltées. Quasiment aucun dommage dû à la sécheresse n’a été rapporté car heureusement, il y a eu deux bonnes précipitations, bien que la région de Ludwigsburg ait subi quelques chutes de grêle aussi. Hermann Hohl, le président de l’Association des producteurs du Württemberg, se dit « totalement satisfait » du millésime. Le temps idéal pour la vendange a permis à tous de travailler dans la sérénité. Les producteurs n’ont pas du « faire la chasse au tout dernier degré Oechsle », a-t-il dit. Un volume estimé à 1,2 million d’hectolitres représente une augmentation bienvenue par rapport aux chiffres des dernières années. « Le consommateur peut s’attendre à de la grande qualité, à des prix abordables », a annoncé l’Association.


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